alexis lask escalier
© Edith Llatas

Perché sur la montagne d'un des plus beaux villages de France, Eus se mérite, ses artistes aussi. Chemins escarpés, demeures de pierre ou retraites d'ours, seuls les chats se languissent aux fenêtres, nonchalants. Derrière une porte à peine ouverte, un patio vous attend, telle une caverne d'art presque abandonnée à ses œuvres joyeuses et lumineuses, ce repaire d'artiste tisse sa toile et ses fils, de fer, vers lui. Il faut encore oser gravir l'extraordinaire escalier, reconstitué à plusieurs mains, d'objets rouillés familiers, des guidons, aux boulons et fers à cheval, en passant par une grosse clé et des serrures de vieilles portes, pour trouver l'hôte dans sa tanière. Alexis Lask semble s'être retiré du monde, porté enfant dans les valises d'une mère catalane en mal du pays, presque échoué sur cet îlot préservé et coupé sciemment des zones de connexions modernes. Cet amoureux de Pessoa aurait pu se fondre dans ses écrits et nous dire d'emblée, "je préfère être seul que même en bonne compagnie". Mais passée l'impression de le déranger dans son monde imaginaire, il s'apprivoise car il "croit aux rencontres humaines de la vie". A l'instar des figures filiformes de ses peintures colorées, ses silhouettes et paravents de fer se dessinent en transparence et s'habillent des couleurs vives aux influences ibériques, empreintes de légèreté. Un havre de paix où le temps s'est arrêté, l'atelier d'Alexis Lask vous invite à entrer.

 

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