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Sylvain Meyer "L'araignée", 2008, Gorges de l'Orbe.

 

"Et si les bêtes nous renvoyaient, comme dans un miroir, l’image de notre propre condition ?" préface Isabelle Lemesle, Présidente du Centre des monuments nationaux pour l'exposition "Bêtes Off" orchestrée par Claude d'Anthenaise. L'homme est-il sensible à cet environnement alors qu'il n'est qu'un "visiteur" occasionnel. La forêt est devenue ce lieu formé à son origine latine "foris", qui signifie "en dehors". Une racine commune avec le mot "forain" la renvoie toujours à un espace en marge.

 

De forêt, bois sacré des Druides, il y a 2000 ans, elle devient terre nourricière féodée, peuplée d'animaux sauvages et de légendes fécondes. La Renaissance en chasse les sorcières et invente la science forestière. La forêt romantique lui succède consacrée par les rêveries d'un promeneur solitaire. Aujourd'hui réduite au statut de "forêt loisirs", espace de temps libre, lieu de refuge, de promenade intimiste, elle reste néanmoins extérieure à la vie quotidienne loin du tumulte, des bruits. Espace intime, espace sensible, la forêt couvre un quart du territoire en France dont les trois quarts appartiennent à des propriétaires privés. Les forêts ne doivent plus être considérées par les citadins comme des espaces "en dehors" car elles lui permettent aujourd'hui de respirer et vivre sur terre. Elles régulent les écosystèmes, fixent et conservent les sols, stockent l'eau par les végétaux et absorbent près de la moitié du carbone pour produire de l'oxygène, vital à la survie de toutes les espèces dont l'homme. 

L'art peut-il répondre à l'enjeu d'indifférence ou prise de conscience des publics du changement climatique ? Des artistes aux quatre coins de la planète lancent le défi de briser le mur de l'indifférence d'un monde urbain qui semble sourd au sort d'une nature maltraitée par ses excès et tentent de sortir du silence ses éléments, des forêts en marge, les êtres y vivant. La solution n'est-elle pas de croiser ces mondes peuplés, les laisser s'envahir mutuellement, leur permettre de confronter leur existence, hommes des villes et animaux des forêts ? Lieux improbables de rencontres sensibles où l'art serait le liant nécessaire pour re-trouver le sens, du mot vivant. 

 

The Screening - Ariane Michel 

Extrait "Art, écologie et forêts : l’homme, un animal sensible ?" Conférence Edith Liégey Colloque Eurorégion Pyrénées Méditerranée « Art et écologie au 21e siècle : Les forêts à l’épreuve du changement climatique », Caza d’Oro Mas d’Azil Centre International de Recherche d’Art ; Les Isards ; Réserve naturelle de Py ; Centre d’Art i Natura de Farrera, 2012 avec Philippe Domergue


Suite Chronique www.jardin-eco-culture "Changement climatique, tout un art"


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Conférence eurorégionale "Art, écologie et forêts, l’homme un animal sensible?"
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